Toute la vérité sur le métier de consultant en recrutement

Temps de lecture : 6 min
Humanae Recrutement

La vie d’un cabinet de recrutement est un pari quotidien, notamment quand on surfe sur les vagues du marché de l’emploi, et qu’on navigue à vue dans ce nouveau paradigme du tout IA, qui réduit volontiers le recrutement à un exercice de « matching » et le voit comme un processus entièrement automatisable (par une IA bien configurée🤞…).

Processus, processus… Est-ce que j’ai une tête de processus ?!

Déjà, au risque d’en choquer certains : recruter est un métier qui dépasse (un peu…) le cadre du simple processus.
Le résumer à ça serait occulter la dimension humaine de l’exercice, tout autant que la dimension stratégique et conseil de ce métier. Ce serait aussi suggérer une durée et une linéarité qui n’existent pas vraiment puisque, dans la réalité, le recrutement est plutôt organique, itératif, voire chaotique. Enfin, c’est un raccourci un peu déresponsabilisant. On peut suivre toutes les étapes et cocher toutes les cases façon Kanban dans son ATS (avec une certaine satisfaction, certes), mais oublier qu’en matière de recrutement, chaque décision est un engagement envers des personnes (bon, torts partagés depuis que ce ne sont plus systématiquement des personnes qui postulent*…).

Recruter, donc. Un métier généralement stimulant, souvent frustrant, parfois carrément ingrat, mais toujours passionnant.

Pour trouver un peu de réconfort et remettre du sens dans notre quotidien de recruteurs malmenés, j’ai choisi de discuter à cœur ouvert avec les pros et j’ai demandé aux Boss du recrutement Humanae de me rappeler pourquoi (mais pourquoi diable !!) ils font ce métier jour, après jour… après jour…

Et j’ai été (globalement 😉) rassurée de lire leurs réponses**.

Consultant en recrutement : l’enquête qui vous dit (enfin !) la vérité !

25 ans. Rendez-vous compte ! Combien de briefs clients ? Combien d’entretiens candidats ? Combien de CV étudiés ?? 😱 Un rapide détour dans les limbes archives de notre ATS m’indique près de 1200 missions de recrutement en 12 ans.
Est-ce qu’on aurait atteint un point d’usure ?
Oui (parfois* / ***), mais non.
Pas sur les fondements du métier.
Pas sur ce qui les motive à se lever le matin.

> Pourquoi vous exercez (vous aimez !) ce métier ?

1 : Les gens, les vrais (ou le vrai des gens) : la base de l’échange est toujours le CV [et les inévitables questions de longueur, de rubriques, voire de couleur]. Ce qui nous intéresse le plus : les transitions, les changements et leurs raisons. La discussion prend alors une tournure plus globale, autour du projet professionnel, du cheminement et de l’environnement de travail au sens large. Notre position d’intermédiaire permet un dialogue souvent sincère parce qu’il est moins directement engageant. Nous ne sommes pas l’employeur.
L’entretien avec un consultant, pour peu que ce dernier ait une approche déontologique du métier, peut être une sorte d’antichambre, une « safe place » du marché de l’emploi.

2 : La diversité : Le recrutement est un incroyable poste d’observation : entre la diversité des métiers, la richesse des profils et la variété des secteurs et des organisations, auxquelles s’ajoute l’inévitable « aléa humain » : il n’y a pas de journée sans surprise, bonne ou mauvaise.

3 : La passion du match (mais sans le ⚽) : Recruter, ce n’est pas juste une question de compétences ou de fiche de poste. Côté clients comme côté candidats, c’est une démarche qui s’inscrit dans une histoire, un contexte, un moment. En fait, ce sont au moins six variables plus ou moins rigides à faire coïncider. C’est peut-être pour ça qu’on parle de « projet » plus que de poste…

Finalement, cela revient à évaluer le nombre de variables en phase avec le projet, et le degré d’alignement de la personne dans chaque variable :
• Les compétences en premier lieu (évidemment, on recherche d’abord des personnes qui puissent « faire le travail »)
• La logistique : les réalités pratiques du travail (lieu, horaires, organisation, déplacements…)
• La rémunération : plus vite on met les pieds dans le plat, mieux c’est !
• La disponibilité : le statut de la recherche d’emploi (active, passive, poste ou préavis en cours…)
• L’opportunité : le « poids » du projet dans la carrière de la personne (l’opportunité de développement personnel et professionnel qu’il lui offre, qui joue fortement sur son engagement à court – pour signer la proposition – moyen et long terme)
• Le « potentiel de closing » : la probabilité que la personne accepte une offre si elle en reçoit une (qui touche la motivation réelle à changer et à mettre tout son entourage en mouvement).

De la chance, vous dites ? Mais non, c’est un métier ! Mais c’est peut-être pour ça qu’on parle de « mission » encore plus que de projet… 🤣

> Quel est votre (vrai/seul/super) pouvoir en tant que recruteur ?
Accompagner (et rassurer) : La prise de risque est présente des deux côtés, et le Consultant est au milieu. Il défend autant les intérêts de son client que de son candidat et déploie des trésors de communication (et de diplomatie) à faire en sorte que les deux parties se comprennent. Vous connaissez l’adage en communication : « entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire… ».

> Selon vous, quel est le principal frein, LE grain de sable qui peut faire capoter un recrutement pourtant bien lancé ?
Les temps morts ou le manque de réactivité.
La grande malédiction du Consultant en recrutement, c’est de connaître par cœur les statistiques liées à l’expérience candidat (et à l’impact délétère d’un processus de recrutement trop long), mais de devoir composer avec les pratiques de recrutement de son client. 48h de pause, et hop ! votre mouton à 5 pattes (et 2 ailes !) s’est envolé…
Un manque de transparence (d’un côté ou de l’autre). Transparence sur les conditions du projets (rémunération, télétravail, flexibilité des horaires…), ou sur un passif ou une problématique professionnelle. Des sujets pourtant bien creusés en amont, mais… l’humain…

> Un truc que vous aimeriez dire une bonne fois pour toute sur votre métier
C’est un beau métier, un métier de conseil qui nécessite une vraie capacité de rebond, un profond sens du service et un intérêt réel pour les personnes.
Hélas, l’image du Consultant est dévoyée par certains « cowboys » aux pratiques douteuses, ou par l’idée que le recrutement est à la portée de tout le monde, dès lors qu’on a un compte LinkedIn, un peu de bagou ou des « compétences commerciales ».
La réalité, c’est qu’on évolue dans un cadre déontologique strict, qu’on travaille « entre le marteau et l’enclume », et que la reconnaissance qu’on obtient atteint rarement l’énergie investie…

Mais c’est un très beau métier !

 

Emeline M.


* avec +93 % de candidatures entre 2021 et 2025, on est en doit de penser que les candidats ont – hélas ! – trouvé le bouton « envoyer mon cv partout, sur un malentendu ça peut marcher » (coucou sponta.io 😡)

**étude menée sur un échantillon représentatif de 4 personnes (qui cumulent quand même plus de 80 années d’expérience dans le métier, pour ce que ça vaut 😉)

*** je vous confie aux propos experts tenus ici, vous me direz si on touche le fond… ou pas encore.

Vous avez lu jusqu’au bout ? Vous êtes convaincu·e par nos arguments (et par notre base line « vous accompagner autrement ») ? Vous vivez à proximité de « chez nous » (Lyon 6) et vous cherchez à développer votre réseau tout en bénéficiant de conseils de professionnels du recrutement ? Rendez-vous ici… 🙂

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